Les bovins.
La viande de veau était à l’origine la viande d’un petit non sevré âgé d’un ou deux jours. Parce qu’ils étaient si jeunes et n’avaient jamais mangé de l’herbe ou fait de l’exercice, leur viande était spécialement pâle et tendre. Aussi elle était chère parce qu’il n’y a pas beaucoup à manger dans un tout petit veau. Maintenant la production de viande de veau est devenue une industrie. Les veaux sont toujours séparés de leur mère lorsqu’ils sont âgés d’un jour, mais ils sont désormais maintenus dans des conditions hautement artificielles afin que leur chair reste pâle et tendre. Les petits veaux vivent souvent dans des enclos si petits qu’ils peuvent à peine bouger. Ceci les empêche d’utiliser leurs muscles, et leur chair reste ainsi très tendre. Parfois ils sont maintenus dans une quasi obscurité à cause de la croyance plutôt irrationnelle que cela contribue à la pâleur de leur viande. Ce qui rend évidemment quasiment impossible l’observation de leur état de santé, les maladies peuvent donc ne pas être traitées.
Ceci dit, la nature même de la production de viande de veau empêche qu’un intérêt crucial soit donné à la santé des veaux par les éleveurs. Les veaux ne sont pas autorisés à manger de la nourriture solide et sont uniquement nourris avec des substituts de lait déficients en fer. Les petits veaux sont délibérément rendus malades, anémiés afin que leur chair reste pâle. Un veau mal nourri est ce qui fait la viande de veau telle qu’elle est consommée. De plus, leur estomac qui est fait pour digérer de larges quantités d’aliments est privé de toute chose solide quelle qu’elle soit. Ils ne sont même pas autorisés à coucher sur la paille au cas où ils la mangeraient. Leur envie d’aliments est tellement forte qu’ils mâchent du bois et mangent leur propre pelage. Leur vie est très misérable.
De plus, avant même que les veaux atteignent l’abattoir, ils doivent subir les angoisses du transport. Il est très inconfortable et pénible pour nous d’être dans un bus ou un métro bondé à l’heure de pointe ; combien pire est-ce alors pour des animaux qui sont transportés (comme l’autorise le règlement en cours au Royaume Uni) jusqu’à 28 heures dans de telles conditions, et non nourris ou réhydratés pendant la plupart de ce temps. Au moins lorsque nous avons à endurer ces circonstances pendant une période bien inférieure, nous savons pourquoi nous sommes là. Les animaux sont terrorisés parce que toute l’expérience ne leur est pas familière. Ce fut contre ces transports d’animaux que des milliers de gens ont protesté dans les aéroports et sur les docks au Royaume Uni en 1995. Ces protestations de masse ont provoqué des modifications dans les ordonnances affectant la production de viande de veau au Royaume Uni, mais les conditions dans beaucoup d’autres parties du monde sont inchangées.



